L'Eglise et le Couvent

L'église et le Couvent font partie des dernières constructions majeures réalisées au centre du village.

 
 
Mairie

Le Couvent des Génovéfains

Construite au XVIIIe siècle, l’ancienne « Maison des Chanoines » se situe en plein centre de la ville. Ce majestueux bâtiment, dont les lignes pures et claires du XVIIIeme siècle étonnent un peu au cœur d’un village médiéval, est nommé aujourd’hui « Couvent des Génovéfains ».

C’est sur ordre pontifical que la Congrégation de France est créée en 1624. Son but clairement avoué est de réprimer les abus commis par certains ordres religieux. C’est le cas à Saint-Antonin, dont le chapitre des Augustins est, de ce fait,  agrégé à la Congrégation de France et du coup soumis à l’autorité de l’Abbé de Sainte-Geneviève qui réside à Paris.

Les chanoines Augustins sont destitués.  Ils sont remplacés par des Génovéfains (1661) qui se logent dans cinq petites maisons, près de l‘église, où ils se trouvent très vite à l’étroit. Pour se loger mieux et vivre en communauté, ils projettent d’édifier un bâtiment qui soit digne de leur ordre. Ils achètent seize autres maisons dans le même quartier. Après quelques vicissitudes, la construction du couvent commence en 1751.

On remarquera les fenêtres classiques, en hauteur, réparties symétriquement qui reflètent les principales évolutions de la maison bourgeoise sous Louis XV.

Le couvent comprenait des dépendances : une orangerie et une grange à l’est ; un jardin à la française au nord, et une cour, basse-cour et écurie au sud.

La Révolution survient. Le chapitre est dissout le 18 mai 1790 ; le couvent sera confisqué à titre de bien national alors qu’il n’était pas entièrement aménagé.

A l’intérieur du bâtiment, on remarquera : la décoration régence aux formes courbes, l’imposant escalier suspendu en pierre de taille, la magnifique rampe en fer forgé mise en place en 1769, les chasubliers, l’ancienne cuisine...

Abritant autrefois l’école, la gendarmerie, ce bâtiment abrite actuellement la mairie et la maison des services publics.

Croix de la halle

L'Eglise

C’est sur les fondations de l’ancienne église - jadis construite sur l’emplacement d’un temple protestant construit en 1615 - devenue vétuste, dangereuse, et reconnue de capacité insuffisante,  que le Conseil municipal, encouragé par la Commune et soutenu par l’évêque, décide de reconstruire, en décembre 1826, l’église paroissiale.

Les plans sont dressés par l'architecte diocésain, Théodore Olivier, en février 1861. L’édifice, de style néogothique du Nord, sera consacré en octobre 1872. Elle comporte un chœur à sept pans, un transept et une nef à cinq travées.

Le tympan, œuvre d’Alex Coutet, de Capdenac, représente la légende de Saint Antonin avec l’arrivée des reliques de l’apôtre de Pamiers à Noble-Val.

Hors de proportion avec la population du village, l’église a nécessité la destruction de plusieurs maisons et l’ouverture de la rue qui la longe.

Les cinq grands vitraux du sanctuaire sont entièrement occupés par la légende de St Antonin, distribuée en 18 scènes. Il faut les lire de gauche à droite en descendant :

Première fenêtre :

Dans la première scène, St Antonin sur la route de Rome guérit les paralytiques et chasse les démons du corps des possédés. Une légende en lettre gothiques donne l’explication du sujet.                                                                                                                 Dans la deuxième, St Antonin baptise le prince Foestus et prêche dans le Noble Val.     Dans la troisième, St Antonin jeté au fond d’une prison à Toulouse, est visité par les anges.                                                                                                                                         Dans la quatrième, le Saint convertit ses geôliers et les baptise.

Deuxième fenêtre :

Dans la première scène, St Antonin est plongé dans une chaudière d’huile bouillante et en sort sans aucun mal.                                                                     Dans la deuxième, il rend la vie à un enfant étouffé par la foule et le rend sain et sauf à sa mère.                                                                                                       Dans la troisième, St Antonin est battu de verges et se réjouit de souffrir pour le nom de Jésus.                                                                                                  
Dans la quatrième, St Antonin est précipité dans la Garonne, une meule de moulin autour du cou, mais la meule surnage et le soutient au-dessus des eaux.

Troisième fenêtre :

Une scène unique, montre le martyre de St Antonin : A Pamiers, il est entraîné sur les rives de l’Ariège et il a la tête coupée par ses impies concitoyens. Le reste du vitrail est occupé par des ornements et par le portrait en pied du saint, revêtu de la chasuble de forme antique et portant la palme du martyre.

Quatrième fenêtre :

Dans la première scène, nous voyons l’inscription de l’antique pierre reproduite à la clé de voute du sanctuaire : « les flots vont me submerger si je ne reçois pas assistance de votre amour ». On voit la barque traditionnelle arrivant à Noble Val sous la conduite de 2 aigles.                                                    
Dans la seconde, St Antonin apparait en songe au Comte Roger et lui ordonne de bâtir une église.                                                                                            
Dans la troisième, arrive l’autel destiné à l’église de Cahors. Il est arrêté par une puissance surnaturelle et offert au sanctuaire de St Antonin.
Dans la quatrième, devant la châsse du martyr, l’évêque Justin est guéri du mal royal en présence du Roi Pépin.

Cinquième fenêtre :

Dans la première scène, Hildegarde, épouse de Charlemagne, visite la basilique de St Antonin et lui fait de riches présents.
Dans la seconde est représentée la translation des reliques de St Antonin, à laquelle assistent, St Théodard, Gaillard, abbé du monastère de St Antonin et d’autres personnages.
Dans la troisième, le roi Sanche, à l’entrée de la crypte de Palencia, veut lancer une flèche. Son bras, subitement raidi, refuse de lui obéir.
Dans la quatrième et dernière, les reliques du saint martyr sont jetées au feu sur la place du Buoc. Une flamme sort du bucher et dévore l’impie qui les repoussait d’un pied sacrilège.

Enfin, les bas-côtés ont aussi leurs dix vitraux, garnis de grisailles et un chemin de croix monumental.

Extrait di livre de Mr le Chanoine Vaissières, ancien curé de St Jacques à Montauban, intitulé : « St Antonin, apôtre du Rouergue et martyr de Pamiers ».