Les tanneries et le moulin à huile de noix

place du bessarel

Vue du pont vers le Bessarel, avant la destruction des maisons au centre pendant la crue de 1930.

canal-bessarel

Les Anciennes Tanneries

Elles se trouvaient dans le quartier bas (Bessarel), où  les constructions étaient plus modestes  et les quartiers plus denses.

Le canal inférieur dérivé de la Bonnette, qui n'est pas cité avec le canal supérieur en 1155, est mentionné en 1315 : son nom (canal du Bessarel) indique alors qu'il alimente un moulin (reconstruit depuis).

L'urbanisation du quartier s'est faite entre ces deux dates, le 13e siècle étant la période du développement de l'artisanat (tannerie, draperie) lié à l'eau à Saint-Antonin.                                                                                                                                       Ce quartier, où vivaient principalement les tanneurs et les cloutiers, était un lieu animé par l’essor de la tannerie. Le tannage des peaux, particulièrement de la peau du veau, a fait la fortune et la réputation de cette industrie au XIIIeme et XIVeme siècle.

En plus d’alimenter les tanneries, le canal permettait le fonctionnement de deux moulins à blé (moulin du Bessarel et des Claustres) et d’évacuer les divers détritus de la vie quotidienne.

Le travail se faisait en 4 étapes :

Le lavage : on plaçait les peaux brutes dans des trempoirs afin de pouvoir enlever plus facilement la graisse, le sang, les poils, etc.

Le trempage/débourrement : il consistait à faire tremper durant 40 jours, dans des cuves remplies d’eau et de chaux, les peaux nettoyées et lavées pour l’épilage de celles-ci.

Le grattage/gonflement : les peaux étaient grattées avec un couteau droit ou couteau à revers, puis tendues sur un chevalet.

Le tannage : plusieurs peaux étaient superposées puis submergées dans des cuves remplies d’eau chaude dans lesquelles on ajoutait du tan (écorce verte moulue de chêne ou de châtaignier). Les peaux restaient dans ces cuves en pierre  pendant 30 à 40 jours.

Une fois ces 4 étapes effectuées, les cuirs sortis des cuves passaient à la corroierie où elles étaient assouplies grâce à l’engraissage composé d’un mélange de suif et d’huile. Puis, pour terminer le processus, les peaux tannées étaient séchées dans les galetas (étages aérés).

C’est à la fin du XIXe siècle, que cette activité commença à décliner, ce qui déclencha une crise économique où seront entraînées les châtaigneraies qui fournissaient le tan, la culture du redoul (ou roudou, herbe aux tanneurs), cet arbrisseau riche en tanin employé pour le corroyage,  et la culture du sumac dont le bois donnait une odeur et une couleur au cuir.

La dernière tannerie, celle du Martinet, située en dehors de la ville, fermera en 1925.

Puis viendra le désastre des  inondations de 1930 dont le quartier souffrira énormément. De nombreuses maisons s’écrouleront. D’autres, minées, dangereuses, seront démolies pour donner, après curage, un vaste espace aussitôt dénommé : la place du Bessarel. 

Moulin a huile

Moulin à huile de noix

Ce genre de moulin existe dès le XIVe siècle. Il se compose de trois éléments principaux et traditionnels : la meule (la mola) , le chaudron (lo pairol) et la presse (lo truèlh).

C’est aux cours des veillées d’hivers que les cerneaux sont enlevés des coques. Dès janvier, les paysans venaient à tour de rôle faire leur huile de noix, au moulin.

Sous la meule de grés tournée par un cheval, les cerneaux sont transformés en une pâte jaune finement broyée.

Cette pâte est récupérée dans un bac en bois et versée dans le chaudron en cuivre, chauffée par un feu de bois.

Remuée avec une palette en bois, elle cuit doucement jusqu'à devenir, sèche et dorée.

La fournée est déposée rapidement, dans une toile en jute, avant d’être placée dans le bac à l’intérieur de la presse. Des billots de bois, adaptés au bac sont placés au-dessus du sac de jute, sous la grosse poutre.

Trois hommes au minimum tournent la roue « crantée » afin d’abaisser la grosse poutre et de presser la pâte. L’huile obtenue est décantée avant d’être mise en bouteilles et consommée.

Il faut environ 3 kilos de cerneaux de noix pour avoir un litre d’huile.

La deuxième  presse était, à l’époque, utilisée pour les réverbères à cordes  (vous pouvez remarquer sur la droite une de ces lampes à huile).

Pour votre information, ce moulin fonctionne 2 fois par an : pour la  Journée des moulins le 3ème dimanche de Juin et pour la fête des Battages, le 1er dimanche d’août